Pierre Desproges

10 July 2008

 

Pierre Desproges

Pierre Desproges est un mauvais élève à l’école[1]. Il part pour 24 mois en Algérie où il doit accomplir un service militaire, dont il garde un souvenir exécrable. Ne sachant que faire de sa vie, il vend des assurances-vies puis des poutres en polystyrène expansé[réf. nécessaire]. Il fait également des comptes-rendus de courses hippiques à Paris Turf.

Il devient journaliste à L’Aurore où il entre grâce à son amie d’enfance Annette Kahn. Son chef de service, Bernard Morrot, apprécie ses brèves insolites à l’humour acide, et il devient rédacteur de ce qu’il appelle la rubrique des Chats écrasés. Jugé un peu trop caustique, il évite son licenciement grâce à Françoise Sagan qui n’achète l’Aurore que pour la rubrique de Desproges[2]. Remarqué par ses confrères, il devient chroniqueur dans l’émission télévisée le Petit Rapporteur, sur TF1. Sa prestation dans cette émission dominicale de Jacques Martin, au côté de son complice Daniel Prévost demeure gravée dans l’esprit des amateurs d’humour noir et de cynisme. Il claque la porte car il est coupé de plus en plus souvent au montage. Après ces oppressions, il retourne à l’Aurore, car il s’y sent mieux.

Il participe ensuite à plusieurs émissions de radio sur France Inter :

  • En 1978 et 1979, il anime en compagnie de Thierry Le Luron l’émission hebdomadaire les Parasites sur l’antenne.
  • En 1980 et 1981, il participe à Charlie Hebdo avec une petite chronique intitulée Les étrangers sont nuls.
  • Entre 1980 et 1983, il est le procureur du Tribunal des flagrants délires en compagnie de Claude Villers et de Luis Rego. Ses féroces réquisitoires commencent invariablement par son célèbre : « Françaises, Français, Belges, Belges, public chéri, mon amour » pour se terminer par une sentence sans appel : « Donc l’accusé est coupable, mais son avocat vous en convaincra mieux que moi ».
  • Il anime en 1986 une chronique quotidienne intitulée Chroniques de la haine ordinaire, où il s’en prend aux sujets le faisant bouillir, à travers des coups de gueule d’une ou deux minutes environ.

En 1982, il collabore quelques mois au scénario de l’émission Merci Bernard sur FR3.

Il assure également sur cette chaîne, entre 1982 et 1984 (100 émissions), une chronique intitulée La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède qui, selon lui, divise la France en deux : « Les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n’aiment pas. ».

Sur les conseils de Guy Bedos, il est également monté sur scène en 1984 et 1986.

Il est mort d’un cancer le 18 avril 1988 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, juste en face de Michel Petrucciani et non loin de Frédéric Chopin.

Un humour grinçant [modifier]

Célèbre pour son humour grinçant mis en valeur par une remarquable aisance littéraire, Desproges s’est notamment illustré sur des thèmes souvent évités. Comme il le disait lui-même : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »[3]

Ses traits d’humour révèlent généralement un personnage bon vivant, individualiste et anticonformiste, bien que sa prédilection pour les provocations destinées à prendre en permanence son public à contre-pied des positions convenues le rendent difficilement classable.

Il n’hésite pas à s’attaquer aux sujets les plus sensibles avec une verve féroce.

Contrairement à ce que prétend la légende, ce n’est pas lui qui a rédigé la dépêche annonçant sa mort (« Pierre Desproges est mort d’un cancer. Étonnant, non ? » en référence à la phrase de conclusion rituelle sur FR3 de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède), mais Jean-Louis Fournier, réalisateur de la Minute nécessaire et proche de Desproges. À la base, celle-ci devait être « Pierre Desproges est mort d’un cancer sans l’assistance du professeur Schwartzenberg », proposée par Hélène Desproges, mais les médecins lui ont fait savoir qu’elle risquait d’aller au-devant d’une polémique.

Å’uvres [modifier]

Liens internes [modifier]

Liens externes [modifier]

Références [modifier]

  1. ↑ Interview de Pierre Desproges par les Inrocks
  2. ↑ « Je ne lis pas l’Aurore mais je l’achète chaque matin pour Desproges », Françoise Sagan (Desproges, portrait de Marie-Ange Guillaume (ISBN: 9782757803653)
  3. ↑ http://www.desproges.fr/05_Archives/Presse/01_Cyclopede.html Interview Télérama du 24 novembre 1982

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